1000 km sans s’en rendre compte

Hé bien, devinez quoi ?? Ça y est !! J ai fait mes 1000 ! Et encore sans le savoir !! Je dois être le seul pilote qui ait jamais réalisé ce vol sans s´en rendre compte !! Voilà comment ça s´est passé :
Le 6 décembre 2006, je fais une première tentative (que je regretterai longtemps !) avec l´ASH 25 de F***. Sur 750 bornes, je fais une moyenne de 156 km/h. Puis tout s´écroule avec un très fort vent d´ouest qui tue tous les thermiques. Je fais quand même 1155 km.
Le 4 janvier, j´en refais une seconde. Avec le nimbus 3DM de W***, cette fois-ci. Juste avant, nous avons eu une super période durant laquelle, un tas de pilotes ont fait leurs 1000. Moi pas, pour diverses raisons…
Et là je commets une erreur, je décide de ne pas virer le second point de virage 40 km avant d´y arriver, parce qu´encore une fois, c´est dans le bleu, et parce que je crois que ma moyenne est trop faible et que je ne pourrai pas terminer le vol dans les temps ! Grossière erreur ! Dès que j´ai fait demi-tour, les conditions s´améliorent et je fais 1085 km !! Je me mords les doigts et me traite de tous les noms. Bien sûr, je ne peux pas retenter mon épreuve le lendemain, et bien entendu, la journée est fantastique et très facile. Bref, je bous…
Le 6 janvier, je ne laisse aucune chance à qui que ce soit de se mettre en travers de ma route. Je pars quand même, et suis les conseils de W***, qui m´a bourré le mou, et insiste pour que je tente absolument de les faire, que je me donne la chance d´y arriver… Bref, il me prépare le planeur et me le mets en piste, comme la fois précédente. On « merdouille » un peu pour choisir les points de virage, car rien ne convient vraiment pour les conditions du jour. 1035 bornes, avec trois points de virage. Le ciel est couvert de cirrus épais, et je ne vois pas comment je vais monter. Je connais bien les procédures avec le Nimbus, et fais un beau décollage, grimpe à une altitude raisonnable, et c´est parti : Comme un fait exprès, tout le monde est parti dans l´autre sens ! Suis seul, tout seul. Personne pour m´aider à répérer les thermiques. Car c´est du thermique pur. Mais il y en a quelques-uns. Je progresse péniblement jusqu´au premier point de virage. Dès qu´il est viré, avec une moyenne de 100 km/h qui n´augure rien de bon, je rencontre de fortes turbulences, mais aussi les premières bonnes pompes.
Je dois faire un détour pour aller vers le second point à 350 km de là. 60 km avant d´y arriver, je rencontre des étalements et de la pluie. Je n´arrête pas de faire du calcul mental. Temps versus distance à parcourir. Je fais maintenant du 125 de moyenne, ce qui n’est rien du tout dans ce pays, et ça me donne juste de quoi revenir dans les temps. Je vire Mata-Mata, 330 bornes pour le point numéro trois. Et là, un peu de chance. Il est dans l´alignement, ou presque, avec Bitterwasser. Je possède bien maintenant la manipulation de l’ordinateur de bord du planeur, et j´ai les deux destinations alternativement affichées. J´ai de gros étalements qui me barrent la route, avec de la pluie, et j’y vais sur la pointe des pieds, mais enfin, je garde mes 125 km/h. Juste-juste. A 100 km de Bitterwasser, je suis repassé du bon côté des nuages, ils sont gros et donnent à peu près bien. Je remonte vers mes deux points et, arrivé à la hauteur de Biwa, comme je suis dans les temps, avec un tout petit peu d´avance cette fois-ci, je me dis : « Pourquoi ne pas continuer un peu vers ce foutu troisième point ? » A ce moment, je suis toujours persuadé que je n´y arriverai pas. Mais j´ai encore dans les oreilles les conseils de mon copain : « Give it a good try, JR. Give yourself the chance to do it ». Alors j´y vais. La journée se termine, les pompes sont tout ce qu´il y a de faible. (Je n´ai pas encore regardé mon vol sur See You, mais ça doit pas être triste.) Et puis, d´un coup, après 880 bornes, je me décide, j’y vais. Sans regarder une seule fois vers Bitterwasser, qui est là, à ma droite, et qui me tend les bras. Le soleil est déjà bien bas, et les dunes ressortent très bien. La visi est excellente car il vient de pleuvoir. J´ai un choix draconnien à faire, rester dans la toute petite pompe que je tiens, et risquer de ne pas pouvoir terminer dans les temps, ou avancer vers le point quitte à ne pas avoir assez d´altitude pour rentrer. Je quitte la pompe et vire le dernier point. Quand je me retourne, Bitterwasser est bien loin, bien plus loin que je l´espérais, et le calculateur me dit que je suis 390 m en dessous du plan d´arrivée. Ça fait presque 100 bornes que je vole à finesse max, et l´air est tout calme : lors du vol de 1200 bornes avec W***, j´ai pu constater que ce Nimbus est très, mais alors là, très fin. Donc, je continue. De toutes façons, je n´ai rien d´autre à faire, n’est-ce-pas ? La situation ne s´améliore pas, je suis à 425 m sous le plan, mais je me rapproche. Je confonds pendant quelques minutes le restaurant de Bitterwasser avec une autre ferme très similaire, et je pourrais atteindre celle-ci. Mais je vois vite que ça ne colle pas avec les km… Je vérifie au calculateur que j´ai plus de 1000 bornes, 1010 pour être exact,. Mais je sais maintenant que ça ne passe pas. Je dois avouer que tendu que j´étais de devoir faire une arrivée super tangente, je suis bien plus à l´aise d´un seul coup. Je me prépare et décide de remettre le moteur en route 15 km avant la piste. Tout se passe bien, et après 5 minutes, je coupe et rentre sans problème. Il est 19 h 40. W*** est là. Que dire ? Il avait l´appareil de photo prêt, mais quand je lui dis que j´ai dû remettre le moteur, il le remballe ! On fait tout ce qu´il faut faire pour ranger et nettoyer le planeur. Et je pars prendre ma douche. C´est bizarre, je viens de louper mon 1000, encore une fois, et je ne suis pas déçu, pas le moins du monde. J´ai donné tout ce que j´avais, la journée a été difficile, vraiment difficile, et ça a failli passer. La prochaine fois, avec une meilleure météo, ça passera à l´aise. Au repas, on me demande si j´ai réussi, et je dis que non, mais que j´ai viré les trois points et fait plus de 1000 km. On est quatre dans le même cas, et personne n´a tourné ses points. Ce matin, un pilote allemand vaut absolument savoir les règles concernant le diplôme de 1000 km FAI. Un pilote belge vérifie dans le dernier bulletin du Règlement FAI et là, oh surprise, il est dit que le diplôme FAI c est trois points de virage annoncés à l´avance, plus une distance de plus de 1000 km. Peu importe l´atterrissage ! Est considéré comme atterrissage, l’une des trois solutions suivantes : – Retour au terrain d´origine, bien sûr ! – Atterrissage aux vaches, dans un champ. – Ou, et c´est là que c´est comique, la remise en route du moteur ! Donc. Donc, donc. Mon vol est tout à fait valide ! Et voilà ! J´ai enfin ce foutu diplôme ! Et je peux penser à autre chose ! Et j´y pense déjà ! Je l´ai dejà dit à W***. On va travailler un vol tous les deux, un vol de 1250 km, comme prévu ! Voilà, c´est long, mais j´ai attendu ce moment tellement longtemps, que ça valait bien un long commentaire, non ?

PS : c’est bien un vol de 1000 km, sûr, et j’ai bien mérité mon “Palm Tree”, mais il n’est pas tout à fait FAI. Ce n’est que partie remise, vous pouvez m’en croire…

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One Comment on “1000 km sans s’en rendre compte”

  1. HawkEyes Says:

    Enfin, on voit le résultat… tout le monde connaissait tes qualités de pilote, mais certains n’avaient pas tout à fait compris. Good job, my friend! Waiting for more details please


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